Reema Hamza: Poésie en prose


Nous quittons nos vieilles maisons, mais elles ne nous quittent pas
Nous les quittons, mais elles ne nous quittent jamais… nos vieilles maisons.
Est-ce parce que leur architecture repose sur des fondations affectives ? Parce que chaque maison soutient le flanc de l’autre, tandis que chaque balcon tend la main à celui qui lui fait face ?
Ou bien parce qu’elles n’inscrivent ni n’effacent les noms de leurs habitants comme le font les hôtels, et que le parfum de la permanence les habite, tout comme Dieu illumine le visage d’un enfant ?
Il est si difficile de les arracher aux fibres mêmes du cœur. Elles qui ont retenu les chemins du vent sans jamais abandonner un seul grain de leur chapelet.
Tu peux enfourcher le tapis du vent, chevaucher l’inconnu, replier tes ailes telle une hirondelle égarée dans l’azur du ciel, contempler le soleil des soleils ; pourtant, elles ne briseront jamais l’étreinte de la glace qui t’enserre, jusqu’à la dispersion… jusqu’à l’éparpillement… jusqu’à l’évaporation. Bien au contraire, elles ranimeront ce qui semblait réduit en cendres.
Entre l’ici et l’ailleurs s’élève une symphonie éclatante : un orchestre d’oliviers, de chênes, de jeunes pousses de basilic, de roses du pays et de thym sauvage. Un lilas peigne sa chevelure violette et te sourit en silence.
Le démon de la nostalgie t’a soufflé quelques mots à l’oreille. Alors les images se sont effondrées dans tes yeux, une à une, comme les arbres brisés de l’automne.
Comment rassembler les éclats de verre de ton cœur ?
Te voilà à peigner les soirs, les rires, les conversations, phrase après phrase. Entre les silences passe ton enfance… tes bateaux de papier… une vigne enlacée à la fenêtre… le vieux portail de votre demeure…
Les visages de ceux que tu aimes surgissent devant toi : ta mère… ce grand prêtre qui faisait de la tendresse un véritable rite sacré… leurs voix dispersées dans la fête de la vie… leurs regards inquiets à l’approche du départ…
Là-bas, tu demeures planté comme le piquet d’une tente.
Tes larmes s’enlisent dans une impasse. Tu jettes la poupée avec laquelle tu tuais le temps… ce temps qu’une seule larme infidèle a suffi à trahir.
Ô saveur salée des souvenirs, si brûlante et si pénétrante !
Comment ont-ils embrasé d’un seul coup le bois mort de ton esprit ?
Comment le passé a-t-il rouvert sa fenêtre sur ton nouvel oreiller ?
Quelle étrange fuite est donc la tienne ?
Elles vivent en toi. Elles ne t’ont jamais quitté. En vérité, c’est toi qui es parti avec elles.
Traduction littéraire en langue française de Jamal Garougar –Maroc
Reema Hamza
النص الأصلي
في مجلة القرار
كل الشكر والتقدير للكاتب والصحفي القدير
امير الداغستاني
نغادرُها ولا تغادرُنا ..بيوتُنا القديمة ….
هل لأنَّ هندستَها تقوم عل أساسٍ عاطفيّ ؟!
فكلُّ بيتٍ يسندُ خاصرةَ البيتِ الآخر ، وكلُّ شرفةٍ تمدُّ يدَها للشُّرفةِ المقابلة !
أمْ لأنها لا تكتبُ وتمحو أسماءَ نزلائِها كالفنادق ، وتسكنُها رائحةُ البقاءِ كما يسكنُ اللهُ وجهَ طفلٍ جميل ؟
صعبٌ اقتلاعُها من عصَبِ القلبِ ، وهي التي أمسكتْ بعناوينِ الريح ، ولم تتخلَّ عن حبّةٍ واحدةٍ من ( مسبحتِها ) .
قد تركَبُ بساطَ الريحِ ، وتمتطي المجهولَ ، وتُغمِدُ ريشَكَ كسنونوةٍ شاردةٍ في فيروزِ السّماءِ ، وتقابلُ شمسَ الشموسِ ، لكنها لن تفكَّ حصارَ جليدِكَ حتى التناثرِ .. حتى التبعثرِ .. حتى التبخُّرِ .بل ستُحيي هشيمَك .. !
وبين هذا وذاك ….
ثمّةَ أوركسترا صاخبةٌ من أشجارِ الزيتونِ والبلّوطِ وشتولِ الحبق والوردِ البلدي والزعتر البرّي تصدحُ وتتصاعدُ ، ليلكةٌ تمشطُ شَعرَها البنفسجيَّ وترمقُكَ بابتسامة .
همزَ لكَ شيطانُ الحنينِ ، فتهاوتِ المشاهدُ في عينيكَ كأشجارِ الخريفِ المتكسّرةِ تباعاً…
كيف ستلملمُ زجاجَ القلب ؟! وأنتَ تمشّطُ الأمسياتِ و الضحكاتِ والأحاديثَ عبارةً عبارةً ، وبين الفواصلِ تمُرُّ طفولتُكَ … مراكبُكَ الورقيّةُ ….داليةٌ تسللتْ لحضنِ نافذتِك .. بوابتُكم العتيقةُ ..
تطالعُكَ وجوهُ من تُحِبُّ ..أمُّكَ .. الكاهنُ الكبيرُ الذي يقيمُ للحنان طقوسَ عبادةٍ … أصواتُهُمُ المبعثرةُ في مهرجانِ حياةٍ ، عيونُهُمُ المتوجّسةُ من الرّحيل …
مغروسّ أنتَ هناكَ كوتدِ خيمة ….!
تقعُ عَبَراتُكَ في مأزقٍ، وترمي الدُّميةَ التي كنتَ تقتلُ بها الوقتَ .. الوقتَ الذي استغرقَتْهُ دمعةٌ خانَتْك.. .
يا لملوحةِ الذكرياتِ وطعمِها الحارقِ الحاذقِ …!
كيف أشعلتْ حطَبَ رأسِكَ دفعةً واحدة ؟!
كيف فتحَ الماضي نافذتَهُ في وسادتِكَ الجديدة ؟!
أيُّ هَرَبٍ هذا؟!
إنّها مسكونةٌ فيك ، ولم تغادِرْها أبداً …. بل غادرتَ بها ….
Reema Hamza
- Poésie en prose - 17 de agosto de 2026
- Fasting hearths - 1 de julho de 2026
Natural de As-Suwayda, Síria, é escritora e poetisa. Formada pelo Instituto Superior de Música (Violino); Editora-Chefe da World of Culture (Mundo da Cultura); editora do Daily Global Nation (Nação Global Diária) e membro do Conselho Consultivo Internacional da Academia de Versala, Grécia. Suas obras foram traduzidas para vários idiomas. Participações literárias: Encyclopedia Oasis of Creativity (Enciclopédia Oásis da Criatividade – Partes I e II) e de The First Drop of Rain (A primeira gota de chuva); Encyclopedia Breath of the World (Enciclopédia Sopro do Mundo); Cartas de Mulheres Árabes (Palestina); Volume IV de Mandib (Índia); O Capítulo Não Escrito (Parte III); Antologia Internacional de Poetas do Amor e da Paz e Tema de estudos críticos na Metodologia de Investigação Cultural Dialética. Publicou The Thread That Became a String, pela Editora e Casa de Estudos Umm Al-Dunya, no Egito e Poems That Chase Me, pela Barcelona Literary House for Studies and Publishing, que inclui seus poemas traduzidos para cinco idiomas, havendo, ainda, um terceiro livro em fase de impressão que contém estudos críticos sobre sua experiência criativa.

